Canoe Kayak sur le golo

Au fil de l’eau en Kayak

Récit d'une balade le long du Golo

sebastien leroy
@sebastien leroy
Par Sébastien Leroy
Canoe Kayak sur le golo

Il est encore tôt dans la matinée lorsque je retrouve Bruno, le gérant du Canoë Kayak Club du Golu (CKCG). Après des journées surchauffées par ce soleil de
plomb estival, quoi de plus rafraîchissant qu’une promenade sur les eaux limpides et émeraudes du plus long fleuve de Corse ? Si le cours d’eau est calme dans cette partie aval faite de méandres qui ondulent à travers la plaine, il n’en est rien dans l’intérieur des terres où le vénérable fleuve à des allures de torrent. Prenant sa
source à 2000 mètres d’altitude au pied de la Paglia Orba — sommet mythique au profil particulièrement singulier — le Golo draine l’eau d’un vaste bassin versant lui conférant l’un des débits les plus importants de l’île.

Dans un cadre verdoyant, à
l’abri de la canopée, Bruno et sa fille s’activent autour des embarcations avant
l’arrivée des groupes qui vont s’élancer avec nous en ce dimanche du mois de juillet.
Alors que les participants sont tous là, le responsable des lieux fait un point sur la
sécurité et la balade du jour pendant que des gilets de sauvetage sont distribués à
tous les kayakistes. Avec un fleuve paisible et des canoës très stables qui peuvent
permettre d’embarquer jusqu’à trois personnes à leur bord, aucun niveau n’est
requis, d’où la présence d’un public familial. Une fois bien installés sur nos esquifs,
nous prenons la direction de l’ouest afin de remonter le fleuve au coeur d’un espace
naturel luxuriant.

Les berges du Golo sont composées d’une dense végétation faite
de formations boisées ou buissonnantes que l’on nomme ripisylve.

Tandis que nous pagayons dans un calme absolu, un milan royal vient rompre cette tranquillité de son sifflement long et modulé. Curieux, le rapace plane au-dessus de nous un instant avant de vaquer de nouveau à ses activités. Après quelques centaines de mètres parcourus à la surface du flot, l’eau est de plus en plus claire, translucide. Un enfant du groupe ne manque pas de crier lorsqu’il aperçoit un poisson de bonne taille se déplacer à toute vitesse sur le fond. Notre guide, particulièrement pédagogue depuis le départ, nous explique qu’il s’agit d’un mulet, espèce pêchée abondamment pour ses oeufs très prisés. Nommés « poutargue » ou « boutargue », les oeufs de mulet sont une spécialité culinaire dans de nombreux pays.

À environ deux kilomètres de la base nautique, nous gagnons l’îlot San Parteo où nous effectuons une halte.
L’occasion pour Bruno d’échanger avec un ami pêcheur avant que nous ne revenions dans le sillage que nous avons laissé un peu plus tôt. En effet, après trois heures de navigation, nous faisons demi-tour et rentrons au club en nous laissant guider par le courant qui nous ramènera à bon port

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